BlackRock, bête noire des opposants à la réforme des retraites

BlackRock, bête noire des opposants à la réforme des retraites


Le plus grand gérant d'actifs au monde est accusé par plusieurs médias d'avoir influencé la réforme des retraites pour servir ses propres intérêts, un argument qui trouve un écho au Parlement.

C'est une polémique dont BlackRock se serait bien passé. Depuis quelques jours, le premier gérant d'actifs mondial se retrouve pris dans  les débats autour de la réforme des retraites.  « BlackRock souffle ses conseils pour la capitalisation à l'oreille du pouvoir », dénonce Mediapart, qui accuse le gérant de vouloir « dynamiter la retraite par répartition ».

« Un géant américain de la finance à l'assaut des retraites des Français », surenchérit L'Humanité. Le député républicain d'Eure-et-Loire, Olivier Marleix, s'est même ému au Parlement des opportunités offertes par la réforme des retraites au gérant. « Si votre réforme va à son terme, les affaires de BlackRock en France prendront un formidable essor », a-t-il lancé lors des questions au gouvernement.

Ces accusations trouvent leur origine dans  une note publiée par BlackRock en juin dernier, dans la foulée de la réforme de l'épargne-retraite. « Loi Pacte : le bon plan retraite », s'enthousiasmait alors la société aux plus de 6.900 milliards de dollars d'actifs. L'harmonisation des produits d'épargne retraite supplémentaire a en effet pour but de faire passer les encours gérés dans le secteur de 230 milliards d'euros à plus de 300 milliards d'ici à 2022.

Les hauts revenus poussés vers la capitalisation

Un objectif qui pourrait bénéficier d'un coup de pouce dans le cadre de la réforme actuellement en discussion. Les plus hauts revenus ne devraient plus cotiser pour leur retraite sur la part de leur rémunération supérieure à 10.000 euros par mois. S'ils veulent compenser cette perte de droits à la retraite, ils  devront donc épargner .

Toute cette attention met le gérant américain dans l'embarras. « Nous ne commentons pas ces articles, qui sont par ailleurs inexacts », déclare ainsi un porte-parole. Le groupe se dit injustement visé car il estimait dans sa note de juin que le système par répartition allait rester « au coeur de l'épargne retraite française ». Il n'est par ailleurs pas le seul  à s'intéresser aux opportunités offertes par la loi Pacte . Tous les gérants et assureurs sont sur les chapeaux de roue.

Source : Les Echos