Reprise du trafic à la SNCF : les syndicats tapent du poing sur la table

Reprise du trafic à la SNCF : les syndicats tapent du poing sur la table


La société de transports devrait être en capacité, le 11 mai, de mettre en circulation plus de la moitié de ses trains. Mais ce calendrier de déconfinement inquiète sérieusement les syndicats.

Le 24 avril dernier, Jean-Baptiste Djebbari indiquait que la SNCF était en capacité de "monter rapidement vers 50 % de TGV" en circulation à compter du 11 mai, contre 6 à 10 % à l'heure actuelle. Le lendemain, franceinfo rapportait que l'entreprise visait une reprise encore plus poussée avec l'objectif de pouvoir faire circuler entre 50 et 60 % de l'ensemble de ses trains à compter du début du déconfinement. Mais selon les syndicats de cheminots, un tel calendrier s'annonce compliqué à tenir, et les salariés restent inquiets quant à la reprise. Dans les colonnes du Parisien, dimanche, ils ne cachaient pas leur colère : "Rien n'est prêt, c'est prématuré". Pour l'Unsa Ferroviaire, c'est même "le brouillard total".

L'une des préoccupations majeures des syndicats reste notamment l'accueil des voyageurs en gare, que ce soit sur les quais ou bien même à l'embarquement à bord des trains. Le secrétaire fédéral de Sud Rail, Eric Meyer, s'interroge : "Comment va-t-on gérer cet afflux et la distanciation ? Tout le monde fuit cette question dans les réunions avec la direction".

L'exigence du port du masque ne suffit pas à calmer les inquiétudes

Le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, avait exigé il y a plusieurs jours, qu'à compter du déconfinement et de la reprise du trafic, le port du masque soit rendu obligatoire pour les usagers des trains. Une obligation qui pourrait être annoncée mardi par Édouard Philippe lors de la présentation de son plan de déconfinement. Si les syndicats de cheminots réclament aussi cette mesure, elle ne suffit pas à apaiser leur inquiétude et celle des travailleurs.

Alors que les mesures de distanciation s'avèrent très compliquées à mettre en place, notamment à bord des trains, le port du masque est considéré à la SNCF comme LA mesure principale de protection contre le virus. Encore faut-il que la question de l'approvisionnement soit réglée au 11 mai prochain. Et c'est là que le bas blesse. Selon Le Parisien, l'entreprise a déjà du mal à se fournir en masques pour ses cheminots, alors pour les voyageurs... Sachant que la question ne règle pas la totalité du problème.

Des opérations de maintenance, vérifications, et rappel des consignes sanitaires nécessaires

À l'Unsa, on avance que ces masques "c'est aussi un peu l'arbre qui cache la forêt". Alors que plus de 90 % des trains sont garés depuis le début du confinement, il faut engager rapidement de vastes opérations de maintenance et de vérification des engins comme des rails avant d'envisager une quelconque remise en circulation.

Du côté des cheminots, le quotidien rappelle que seuls 15.000 sont encore en activité sur un staff total de 140.000 : il va donc falloir mettre tout le monde au pas quant au respect des gestes barrières. Et c'est sans compter sur la désinfection des trains qui devra être réalisée à chaque voyage. Un nettoyage qui, jusqu'à présent, n'avait vraiment lieu que les soirs après le service.

Un possible droit de retrait ?

Or, à compter du 11 mai, pour pouvoir transporter de façon sûre voyageurs et agents, la désinfection systématique des trains après un voyage s'impose et promet d'être un défi important à relever pour l'entreprise. Aussi, les syndicats entendent-ils ne faire aucun cadeau à la direction de la SNCF : si la moindre baisse de vigilance est observée quand au respect ou la mise en place des protections sanitaires concernant les agents comme les voyageurs, les cheminots pourront engager leur droit de retrait.

Source : Capital