L'ouverture des lignes TGV à la concurrence tourne au fiasco

L'ouverture des lignes TGV à la concurrence tourne au fiasco


A partir de ce week-end, les concurrents étrangers de la SNCF pouvaient légalement inaugurer des lignes TGV domestiques en France. Mais aucune compagnie ne viendra contester le monopole de l'entreprise publique. A plus long terme, cependant, les jeux ne sont pas encore faits.

L'ouverture des lignes SNCF domestiques à la concurrence, c'est un peu la version ferroviaire du roman « Le Désert des Tartares » : l'ennemi est aux portes de la citadelle et il faut se préparer au combat mais, en définitive, celui-ci ne se montre jamais. Tel est, pour l'instant, le résultat de l'arrivée programmée de concurrents étrangers sur les lignes de TGV.

Si le schéma imaginé dès 2013 par la Commission de Bruxelles puis validé, au terme d'infinis débats, par le Parlement européen fin 2016 s'était déroulé comme prévu, les rivaux de la compagnie nationale auraient lancé leurs premiers trains à grande vitesse sur des lignes françaises dès le samedi 12 décembre, date d'entrée en vigueur de l'« horaire de service 2021 ». Mais au départ des gares parisiennes, les TGV de la SNCF resteront désespérément seuls sur les écrans d'affichage. Car les opérateurs étrangers ayant regardé le dossier, l'italien Thello, l'allemand Flixtrain et l'espagnol Renfe ont, pour l'instant, capitulé. Même pour la voie royale Paris-Lyon-Marseille. Quarante ans après son lancement sur Paris-Lyon, le train rapide tricolore attend donc toujours ses potentiels challengers, et la France reste en retard par rapport à des pays comme l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la Suède et même l'Espagne, qui va s'y mettre à son tour au printemps prochain.

Source : Les Echos